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Cet ensemble de textes a été conçu à la demande de lecteurs de la revue en ligne Automates-Intelligents souhaitant disposer de quelques repères pour mieux appréhender le domaine de ce que l’on nomme de plus en plus souvent les "sciences de la complexité"... lire la suite

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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 19:23

La "riche Allemagne", lors de la deuxième conférence franco-allemande sur le numérique, s'est interrogée sur l'avenir de son système économique dans la mesure où le numérique remplacera rapidement une grande partie des emplois actuels, même dans le domaine des services. La création de nouveaux emplois dans l'industrie numérique et dans la robotisation ne suffira pas à faire face à la destruction des emplois actuels. Ceci d'autant plus que les investissements nécessairement coûteux pour créer de nouveaux outils numériques ne seront plus à la portée de société nécessairement appauvries par la perte des emplois actuels.

Seules pourront les consentir les quelques super-entreprises numériques déjà existantes. Il s'agit principalement des 7 grands de l'Internet déjà existants et tous américains. Google en est l'exemple souvent cité, mais il n'est pas le seul. On ne voit pas pourquoi ces accapareurs de l'intelligence collective détourneraient une partie de leurs bénéfices pour en faire profiter la masse des citoyens. Ils se bornent à redistribuer le peu d'activité et de revenus nécessaires pour que les 7 milliards d'humains numérisés ou potentiellement numérisés puissent survivre sans se révolter radicalement.

Mais que font de leurs bénéfices les Google et homologues? Certes, leurs dirigeants, cadres et rares employés vivent raisonnablement bien, mais ceci ne suffira pas à assurer leur avenir. Nous avons plusieurs fois montré qu'ils investissent de plus en plus massivement dans les recherches visant à mettre en place un « cerveau numérique « global » dont ils seront les éléments moteurs.

Un cerveau global

Un tel cerveau pourra défricher les immenses champs de production, de consommation et de profit résultant du développement, grâce aux outils numériques, de champs jusqu'ici inexplorés, car hors de portée des sociétés actuelles, même de la « riche Allemagne ». Ces champs permettront d'échapper aux limites imposées au développement actuel par la raréfaction de l'énergie et des ressources, la perte dramatique de la biodiversité et l'extension d'une pollution destructrice. Pour se développer, ils auront besoin de peu de ressources matérielles mais d'énormes ressources intellectuelles.

Ces ressources existent potentiellement chez tous les humains. Mais seule la généralisation des recherches et applications scientifiques visant, au sens large, à la construction de ce cerveau global permettra d'y faire appel. Or seuls les Google et homologues se réservent la possibilité de mettre en place de telles recherches. Leurs coûts seront progressivement amortis grâce à l'accès a de nouvelles ressources dont ils se réserveront le monopole.

Mentionnons à titre d'exemple les domaines souvent cités de la biologie génétique, de la physique des nouveaux matériaux, de la chimie des nouveaux composants. Tout ceci permettra, pour reprendre une image souvent critiquée mais qui paraît incontournable, l'apparition de quelques dizaines de milliers de post-humains capables d'exploiter les possibilités du spatial, de territoires inaccessibles à la vie sous sa forme actuelle, tant sur les continents que dans les océans, d'une intelligence artificielle de plus en plus autonome dans ses capacités de création.

On peut comprendre que, lors des conférences sur le numérique, ces sujets difficiles ne soient pas étudiés en détail. Tout au moins devraient-ils être évoqués. L'Allemagne comme d'ailleurs la France sont assez riches en capacités scientifiques pouvoir disputer aux grands américains de l'Internet leur avance actuelle. Encore faudrait-il que les gouvernements s'en soient rendu compte et mettent en place les conditions minimum nécessaires au développement des recherches. Il ne s'agira pas alors de permettre l'émergence de quelques rares post-humain, mais d'étendre ces capacités au plus grand nombre.

Le problème ne sera évidemment pas évoqué par les futurs candidats à la présidence de la République française. Le sera-t-il, en dehors de l'Amérique, en Russie et en Chine?

Références

http://www.economie.gouv.fr/deuxieme-conference-numerique-franco-allemande-a-berlin

https://www.mediapart.fr/journal/international/221216/comment-l-allemagne-tente-de-maitriser-la-digitalisation-de-son-economie

 

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