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Cet ensemble de textes a été conçu à la demande de lecteurs de la revue en ligne Automates-Intelligents souhaitant disposer de quelques repères pour mieux appréhender le domaine de ce que l’on nomme de plus en plus souvent les "sciences de la complexité"... lire la suite

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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 17:54

Une société fondée sur le brigandage de la pire espèce
par Jean-Paul Baquiast 20/04/2010

On pouvait penser que les sociétés dites occidentales avaient réussi à contrôler sinon éliminer les féodaux pilleurs et les chefs de bande assassins qui depuis l’Antiquité et jusqu’à aujourd’hui encore dans une grande partie du monde, ont imposé leurs lois aux faibles et aux démunis. Aujourd’hui, grâce peut-être à la difficulté croissante d’empêcher ces choses de se savoir, on découvre qu’il n’en est rien.

La vision du monde capitaliste moderne proposée par Jean de Maillard 1) se révèle véritablement la seule adéquate. Non seulement les entreprises libérales, qu’elles soient industrielles ou financières, s’organisent explicitement pour dérober le fruit de la production des milliards d’esclaves que le système oblige à travailler à son profit, mais les institutions d’Etat, se présentant aujourd’hui comme protectrices, cachent sous cette étiquette la volonté de permettre à ces mêmes entreprises de poursuivre leurs pillages et travail de mort en toute tranquillité.

L’affaire de Goldman Sachs 2)  qui vient à l’actualité parce qu’elle était trop grosse pour être entièrement cachée, illustre bien cette triste réalité. Ces mois-ci encore, au plus fort de la crise provoquée en grande partie par des brigandages de gens de son espèce, la banque Goldman Sachs a joué explicitement sur deux tableaux (au moins). Je simplifie. D’une part son département « placements de pères de famille » proposait aux épargnants des investissements prétendument de toute confiance notamment dans l’immobilier; et d’autre part son département « spéculation pour le compte de nos dirigeants et amis » sachant que ces titres devaient nécessairement se révéler pourris vu que les emprunteurs ne pourraient rembourser leurs emprunts et qu’en conséquence l’immobilier s’effondrerait, spéculait sur leur baisse pour en tirer profit.

Beaucoup de personnes ne comprennent pas ce dernier mécanisme. Il est pourtant simple, reposant sur le principe des ventes et achats à terme, le lait nourricier de toutes les spéculations. Si le 1er janvier j’anticipe qu’un titre quelconque, valant aujourd’hui 100, en vaudra 50 dans un mois, je cherche des acheteurs à terme s’engageant à l’acheter 100 le 1er février. Ces acheteurs prendront cet engagement s’ils sont persuadés que le cours restera stable pendant le mois, voire qu’il augmentera, par exemple à 110, ce qui leur permettait un bénéfice de 10 en revendant à 110 ce qu’ils auront acheté 100. Ils jouent « à la hausse » . Mais si pendant ce même mois de janvier le cours est effectivement tombé à 50, je n’aurai qu’à acheter un titre à 50 le 1er février et le revendre à 100 à ceux qui s’étaient engagés vis-à-vis de moi à me l’acheter. J’empocherai la différence, soit 50.

Les marchés à terme, dira-t-on, ont toujours fonctionné ainsi, opposant des proportions à peu près égales d’optimistes et de pessimistes, les uns et les autres n’hésitant pas à propager de fausses informations pour favoriser leurs paris sur l’évolution des cours. D’où les hauts cris de la finance lorsque certains esprits (égarés) parlent d’interdire les opérations à terme. Mais avec des méga-banques comme Goldman Sachs qui ont le pouvoir tout à la fois de conseiller des épargnants et investisseurs naïfs et d’orienter par des pratiques frauduleuses l’évolution des marchés au profit de leurs propres spéculations, le système devient criminel, à l’échelle d’un pays ou, mondialisation oblige, du monde entier.

Cependant, dira-t-on, les Etats sont là pour empêcher cela. Même s’ils se sont laissé jusqu’à ces derniers temps manipuler par les banquiers, on ne les y reprendra plus. A preuve le fait que la SEC (Securities and Echanges Commission), équivalent américain de notre propre gendarme la COB (Commission des Opérations de Bourse), entreprend aujourd’hui de poursuivre Goldman Sachs. Mais c’est là qu’il faut se dépouiller de toute naïveté rémanente, comme nous y invite Jean de Maillard. On peut parier sans risques (pour une fois) que globalement, il ne se passera rien:

1. Seules quelques têtes tomberont peut-être chez Goldman, après il est vrai avoir mis leurs profits bien à l’abri. Goldman pourra donc continuer comme avant.

2. Les banques américaines qui avaient pratiqué et continuent à pratiquer le même type de brigandage ne seront pas inquiétées, la profession étant supposées assainie.

3. Les prétendues réformes de Wall Street auxquelles Barack Obama affirme vouloir s’attacher après son “éclatant” succès dans le domaine de la sécurité sociale resteront des réformes de façade. Pour ne pas inquiéter Wall Street, à supposer que ces réformes soient décidées par le Congrès, les éminents conseillers d’Obama, dont le sinistre Paulson, feront valoir à leurs amis de la banque et de l’assurance qu’elles ne seront pas appliquées et qu’ils peuvent donc entreprendre de les frauder sans risques.

4. A supposer que de telles mesures réformatrices soient évoquées au niveau d’un future G8 ou G20, à supposer aussi qu’il se trouve des gouvernements pour décider d’en retenir quelques unes pas trop rigoureuses, on fera valoir à l’internationale de la banque et de la bourse que les mêmes règles prudentielles (lisons règles toute de prudence en vue de ménager les capitalistes) leurs seront appliqués.

5. Aussi bien, de par le monde, en Europe, en Asie et ailleurs, les prédateurs de la finance pourront continuer à se bâtir en toute confiance un avenir prometteur. Comme le conclut Paul Krugman (qui pourtant n’est pas plus sévère en son for intérieur vis à vis des banques que ne l’est Benoit VI vis-à-vis de qui l’on sait) « the racket will just go on ».

***

Il faut bien voir que l’internationale des prédateurs, des menteurs et des corrupteurs ne se limite pas au monde de la finance. Aujourd’hui, certains écologistes, par exemple, constatent avec effroi les millions de dollars consacrés par les industries des « vieilles énergies », de par le monde, à nier via des « Think Tanks » prétendument scientifiques, le rôle de la consommation de carburants fossiles dans le réchauffement climatique, sinon à nier le rôle de l’homme dans les formes récentes de celui-ci 3). Ces millions de dollars servent notamment à décrédibiliser les milliers de scientifiques de par le monde pouvant apporter la preuve du contraire.


Mais il n’y a pas que le climat à évoquer. Il y a aussi le volcanisme. Nous disposons d’un exemple récent illustrant (parmi des milliers d’autres) le rôle potentiellement meurtrier (nous pourrions dire volontairement potentiellement meurtrier) de certains industriels pour préserver leurs intérêts. Les 19 et 20 avril, voire ce jour encore, l’IATA (Organisation internationale des transporteurs aériens) s’est quasi unanimement élevée contre les restrictions de circulation dans l’espace aérien européen décidées par les gouvernements des pays affectés par le nuage. Ces braves gens, du fond de leurs fauteuils, prenaient donc, à supposer que les gouvernements les aient écoutés, le risque d’envoyer à la mer un certain nombre d’avions, équipages et passagers. Vous me direz: « Oui mais les gouvernements, plus prudents, n’a pas suivi l’IATA ». Heureusement donc que les Etats restent là pour nous protéger ». Les cyniques répondront qui le premier avion qui serait allé au tapis aurait entraîné dans sa chute le gouvernement coupable de laxisme. D’où la prudence des Etats. Ce n’est pas le cas dans le domaine financier. Les milliers de suicidés de la crise financière n’entraînent aucune responsabilité gouvernementale, directe ou indirecte. Ainsi « the racket will just go on ».

Notes
1) Voir de Jean de Maillard, « L’Arnaque » présentée dans http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=458&r_id=
2) Voir l’article du pourtant modéré Paul Krugman dans le New York Times « Looters in Loafers » http://www.nytimes.com/2010/04/19/opinion/19krugman.html
3) Voir l’article de Stéphane Foucart « Qui finance les climato-sceptiques ? » Le Monde http://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2010/04/19/qui-finance-le-climato-scepticisme_1338486_3244.html

13 avril 2010

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commentaires

jp. baquiast 18/05/2010 21:17



Réponse à Monique Esser. Merci de votre commentaire. Je fais constamment appel àl'éthologie (ou si vous préférez à la biologie) pour rendre compte des comportements humains individuels et
collectifs. Cela n'a d'ailleurs rirn d'original.


Dans mon dernier livre, Le paradoxe du sapiens, j'eplique que ce que je nomme les systèmes anthropotechniques sont déterminés en partie par les héritages animaux souvent prédateurs des humains
qui les composent.



universcienceTV 05/05/2010 15:31



Bonjour,

A voir sur universcience.TV : L'information scientifique est-elle un leurre ?

http://www.universcience.tv/media/1240/l-information-scientifique-est-elle-un-leurre--.html

Avec Hervé Guérin, responsable des documentaires sciences, santé, environnement à France Télévision et Philippe Chavot, enseignant-chercheur, Laboratoire interuniversitaire des sciences de
l'éducation et de la communication (LISEC), université de Strasbourg.

Nous serions ravis que vous puissiez en parler sur vos sites.

Cordialement


CB




universcience.tv est la webTV
scientifique hebdomadaire de universcience, le nouvel établissement
qui regroupe la Cité des sciences et de l'industrie et le Palais de la découverte.


http://www.universcience.tv/  et son flux rss http://www.universcience.tv/rss.xml


et aussi


http://www.facebook.com/pages/UniverscienceTV/398275590456?ref=ts
http://twitter.com/universcienceTV
http://www.dailymotion.com/universciencetv
http://www.youtube.com/universciencetv
http://universcience-vod.fr 600 films
scientifiques en français  




herbe 01/05/2010 11:52



Encore un fait récent peu rapporté :


http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-fonds-de-reserve-pour-les-73418


extrait: "


En avril 2008 encore, on peut lire :


« Le gouvernement travaillerait actuellement sur un montage complexe qui lui permettrait de récupérer tout de suite les 31,4 milliards d’euros. Face à des déficits publics
incontrôlables, cette "cagnotte" pourrait permettre au gouvernement de baisser la dette publique dès 2009 et tenir ainsi ses engagements européens.
Pour récupérer cette cagnotte discrètement, le ministre des comptes publics, Eric Woerth,
envisage de fusionner le Fonds de réserve des retraites avec la Caisse
d’amortissement de la dette sociale. Objectif de la manœuvre : supprimer ce Fondsde réserve utilisable qu’en 2020 pour récupérer de l’argent frais tout de suite »


"



Monique Esser 23/04/2010 11:01



Bonjour, 


Un petit mot très rapide car j'ai très oeu de temps. Je suis psy. et prof. émérite de l'Université de Louvain. Je suis une lectrice
assidue de vous divers blogs et souvent intéressée par les connaissances et réflecion que vous envoyez.. Je m'étonne cependent depuis longtemps du fait que vous ne fassiez jamais référence à
l'éthologie pour expliquer certains comportements humains,  notamment ceux qui conduisent l'humanité à sa perte sur base de la sélection darwinienne classique. Pour moi, le mal
produit par les financiers, que vous dénoncez aujourd'hui révèle la démultiplication du pouvoir des
mâles dominants, dans une société où la compétition sur base de la loi du plus fort n'est plus essentielle et nécessaire à la survie de l'espèce. Au contraire, elle devient même
destructrice pour elle-même, aux plans psychologique, culturel et social. cela veut dire que ceux qui surnagent ne sont surement pas les meilleurs sur ces trois plans. Il faudrait donc
élargir le débat.  


Bien à vous. M. E.



David C. 21/04/2010 22:54




Vers un nouveau Breton Woods et le Glass-Steagall


 


Ce nouveau scandale bancaire, nous rappelle l'urgence d'agir politiquement afin de répondre efficacement à
l'effondrement du système bancaire et monétaire internationale.


 


Suite à la crise de 2008, ainsi que la dégradation de la situation économique de notre pays ( destruction
d'entreprises, destruction d 'emplois, augmentation de la dette souveraine...). Il est inacceptable de continuer à constater qu’une exception soit faite en faveur des excès d’une
profession.


 


La responsabilité de nos hommes politiques est de défendre l'intérêt général et le bien commun contre l'empire fou de
la finance et des marchés. Nous devons retrouver notre souveraineté économique afin de pouvoir financer les besoins de notre population avec une banque nationale et du crédit productif public, en
demandant un nouvel ordre économique international avec un Nouveau Bretton Woods ainsi qu'un retour à Glass-Steagall , afin de séparer les banques de dépôt, des banques d'affaire et des assurances, pour
ramener les banques à leur métier, prêter de l'argent afin de soutenir l'économie physique et non de se gaver sur le casino des marchés financiers de la City de Londres ou de Wall Street de New
York.


 


Une nouvelle commission Pécora : Nous devons sauver les gens et non les marchés !


 


Depuis plus d'un an, le mouvement politique Solidarité et Progrès propose aux citoyens de prendre position en signant
la pétition : « Appel à constituer sans délai une Commission d’enquête parlementaire sur la crise financière » à l'image de la
comission Pécora ordonné par Franklin Delano Roosevelt afin de déterminer les causes de la grandes dépression de 1929 ainsi que d’exposer, aux yeux de tous les citoyens américains, l’emprise
mafieuse des intérêts financiers de son temps sur la République américaine, afin d’ouvrir la voie au véritable changement de système économique : Le New Deal.


 


Citoyens ! Nous devons refuser la tyrannie des banques, nous devons donc exiger une telle commission aujourd'hui
!


 


le blog de David C.


david.cabas.over-blog.fr






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