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Cet ensemble de textes a été conçu à la demande de lecteurs de la revue en ligne Automates-Intelligents souhaitant disposer de quelques repères pour mieux appréhender le domaine de ce que l’on nomme de plus en plus souvent les "sciences de la complexité"... lire la suite

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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 11:39

 


Le mot fait peur aux humanistes, qui y voient le risque de dresser des hommes les uns contre les autres. Mais quand on constatent que certains hommes attaquent délibérément, au nom de leurs valeurs, les valeurs qui sont les nôtres, il serait non seulement lâche mais mortel de ne pas réagir.

C'est bien de telles attaques qui continuent de se produire aujourd'hui aux Nations Unies. Une majorité de membres ont fait voter à la 15e session (septembre-octobre 2010) de la Commission des droits de l'homme (United Nations Human Rights Council) une résolution «interdisant la diffamation de la religion (forbidding « defamation of religion »). Cette résolution a été soutenue par le Pakistan au nom de l'Organisation des Etats islamiques (OIC) regroupant 57 Etats censés défendre la solidarité islamique dans les domaines économiques, sociaux et politiques. C'est la 3e année qu'elle a été présentée et votée, cette fois-ci par 23 oui, 11 non et 13 abstentions.

Les 11 pays qui défendent la liberté de pensée et d'expression vis-à-vis des religions se sont réjouis du fait que ce vote a été acquis à une majorité un peu moins large que les précédentes. Il reste que ces pays demeurent une étroite minorité au plan mondial. Cette minorité regroupe la plupart des Etats où la rationalité scientifique est considérée comme une valeur majeure. Or la tolérance censée devoir y régner ne devrait pas conduire à fermer les yeux sur les menaces que font naître de telles résolutions non seulement sur la liberté de pensée mais sur la laïcité au plan institutionnel et sur l'athéisme au plan philosophique.

Ces menaces font en premier lieu peser des dangers de mort sur les rares personnalités libérales qui dans les Etats de la Conférence islamique sont emprisonnés et torturés au nom de la défense de la religion. Mais les scientifiques et les athées sont aussi potentiellement menacés dans les démocraties occidentales. Rien n'y empêche que des organisations islamiques, s'appuyant sur cette résolution, tentent de criminaliser devant les tribunaux nationaux ou la Cour européenne toute critique de l'islam. Il n'est pas impossible que certains juges s'appuient sur une interprétation large du droit international pour donner raison à de telles plaintes. Plus vraisemblablement on risque de voir des illuminés procéder à des agressions ou des attentats contre tel ou tel chercheur ou écrivain qui affirmerait le caractère non-scientifique des textes dits révélés, qu'il s'agisse d'ailleurs du Coran ou de la Bible.

Les défenseurs de la rationalité scientifique, d'une part, les athées d'autre part (lesquels ne comptent guère dans le monde semble-t-il que quelques millions de représentants) devraient trouver là de quoi se mobiliser en défense de leurs droits. Si de tels retours aux haines primitives se généralisaient, ils auraient tout lieu de parler de conflit de civilisation. La civilisation qu'ils représentent et défendent n'aurait aucune raison, fut-elle minoritaire, de se laisser détruire par des civilisations aux valeurs totalement différentes.



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