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Cet ensemble de textes a été conçu à la demande de lecteurs de la revue en ligne Automates-Intelligents souhaitant disposer de quelques repères pour mieux appréhender le domaine de ce que l’on nomme de plus en plus souvent les "sciences de la complexité"... lire la suite

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 11:30

 


Chroniques vers l'infini
2. Regards sur le futur

Jean-Paul Baquiast 09/06/2011

NB. ce texte reprend sous une autre forme certains des points précédemment présentés. Nous pensons qu'il s'agit d'un nécessaire effort de pédagogie.

David Deutsch fonde l'ensemble de sa philosophie des sciences sur le postulat, donnant son titre à l'ouvrage, que les bonnes théories peuvent entraîner un progrès illimité des connaissances, autrement dit un progrès infini. Par bonnes théories, nous l'avons vu, il désigne celles découlant de la méthode scientifique, en permanence critiquées et soumises à l'expérience, afin que s'étende sans cesse leur portée.

Ceci le conduit à défendre le concept d'infini, aussi bien en mathématique qu'en physique. Nous n'entrerons pas ici dans ce débat très technique. Nous pouvons seulement constater que les arguments qu'il utilise pour critiquer le postulat de la finitude, dit en mathématique le finitisme, sont très recevables. Selon le finitisme, ne peuvent exister que des entités finies, fussent-elles abstraites. Elargi au monde concret, ce postulat entraîne la même conclusion. Le concept d'infini appliqué au monde naturel semble en effet contre-intuitif. Rien ne peut-être infini. Mais celui de monde fini l'est tout autant s'il est pris dans l'absolu.

Pour David Deutsch, le finitisme, comme l'instrumentalisme, caractérise un projet destiné à nous empêcher de comprendre les entités qui sont hors de notre portée du moment. Il s'agit en fait d'une approche marquée d'esprit de clocher (parochialism) déniant à la raison la possibilité d'une démarche universelle. Si la raison se heurte à des limites, elle est obligée de céder le pas à l'irrationalisme et au surnaturel. Elle ne peut donc être universelle. On doit en conclure que si l'on postule l'universalité de la raison, il faut aussi postuler l'infini.

Nous ne sommes pas là confrontés à un débat purement technique. Il est profondément politique. Pour David Deutsch, il est urgent de dénoncer les prédictions selon lesquelles la connaissance rationnelle devra se résoudre à se voir cantonnée dans certains domaines et à l'intérieur de certaines frontières, pour le présent comme pour le futur. Or rien a priori ne permet d'affirmer que tel ou tel sujet puisse demeurer hors de sa portée, y compris dans les domaines relevant de la morale, de l'esthétique, des sensations et plus généralement de l'esprit. A condition de prendre les précautions nécessaires et d'éviter tout réductionnisme, la science doit pouvoir tout aborder et tenter de tout expliquer, avec de bonnes explications.

Nous présenterons dans une autre chronique les domaines de connaissance pour lesquels, selon David Deutsch, il paraît tout a fait possible aujourd'hui d'envisager des progrès, sinon infinis, du moins très au delà des limites considérées aujourd'hui comme probables. Mais diront ceux qui nient la possibilité de progrès, qu'est-ce qui vous permet de penser qu'étendre la portée des connaissances scientifiques entraînait un quelconque progrès?

On avons rappelé précédemment que l'humain (l'entité anthroposcientifique, dans notre vocabulaire), s'appuyant sur la méthode scientifique, est selon David Deutsch un producteur universel de connaissances explicatives (universal explainer). Il est de ce fait un agent universel de transformation (universal transformer). Serait-ce un progrès que prétendre faire de l'homme, comme le sont les moules sur les rochers, des créatures n'expliquant rien et ne transformant pas grand chose?

Un de nos lecteurs vient d'affirmer faussement, par un a-priori idéologique très répandu, que reconnaître à l'humain la capacité d'étendre ses explications scientifiques du monde conduit à « renoncer à la transcendance,s'enfermer dans le court terme, se séparer de la lumière et du sacré, verser dans les excès en tous genres, etc ». On reconnait là le procès fait traditionnellement à la science par les militants du dualisme, opposant le matérialisme du corps à l'élévation de l'esprit. Aucun scientifique digne de ce nom ne peut accepter cette accusation.

Ne pas prophétiser sur le futur

Encore faut-il évidemment, pour qu'il y ait progrès scientifique, que le chercheur et le philosophe des sciences ne se hasardent pas à formuler des prédictions mal fondées, pouvant se transformer en prophéties encore moins bien fondées. La méthode scientifique, comme le rappelle une nouvelle fois David Deutsch, ne peut prédire ce que sera le futur puisque celui-ci découlera de connaissances encore inexistantes ou inachevées au moment où elle s'exprime.

Les connaissances qui apporteront des solutions pour demain et qui, avant cela même, créeront par leurs erreurs relatives des problèmes qu'elles devront s'attacher à résoudre, nous sont encore inconnues. Ceci dans tous les domaines sans exceptions. Nous n'en avons même pas la première intuition. Cette cécité obligée des scientifiques, enfermées dans leurs certitudes d'aujourd'hui, à l'égard d'un progrès qu'ils ne peuvent soupçonner pour demain, a été, inutile de le démontrer ici, mis en évidence, plus particulièrement depuis la fin du 19e siècle, par des exemples fameux. Il faut s'en pénétrer en permanence, car à chaque époque, s'impose la tentation de prendre pour gravées dans le marbre, avec leurs possibilités mais aussi leurs limites, les connaissances du temps présent.

Mais comment alors se préparer au mieux à de futurs évènements dont les causes nous demeurent encore inconnues? Quelle est l'approche rationnelle pour affronter l'inconnu, sinon l'inconcevable? Il s'agit moins alors de faire appel à des méthodes scientifiques proprement dites qu'à des attitudes philosophiques. Il faut selon David Deutsch éviter tout autant l'optimisme aveugle que le pessimisme systématique. L'optimisme aveugle, dérivé d'une vieille croyance selon laquelle, selon Pangloss (ou Leibnitz), tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, ne repose sur aucune preuve mais seulement sur la croyance que Dieu veille ainsi au bonheur de ses créatures.

Au plan philosophique il se transforme facilement en son contraire, le pessimisme aveugle, très à la mode aujourd'hui, dans la ligne de ce qu'avait affirmé Schopenhauer. Il conduit au Principe de précaution dont David Deutsch, nous l'avons vu, dénonce le caractère non scientifique, s'il consiste à ne rien tenter qui puisse entraîner des risques. Le Principe de précaution relève d'ailleurs de l'optimisme naïf à l'égard du présent. Il postule en effet que les connaissances d'aujourd'hui seront en toutes circonstances préférables à celles de demain. L'optimisme aveugle et le pessimisme aveugle sont des formes alternatives de prophétie. Ils prétendent avoir des lumières qu'ils n'ont pas sur l'état futur des connaissances. Ils oublient que le caractère incontournable de la condition humaine est que nous ne connaissons pas ce que nous n'avons pas encore découvert.

Parmi ces découvertes de demain seront certainement des catastrophes provoquées par les découvertes technologiques d'aujourd'hui. Pourront aussi survenir des catastrophes naturelles de grande ampleur, comme la rencontre avec un astéroïde. La meilleure façon de s'y préparer consiste, non à ne rien faire, mais à faire appel aux solutions des Lumières (et de la démocratie) pour mettre les sociétés en état de résister le mieux possible. Pour cela, la critique contradictoire des théories et des pratiques existantes, la production de nouvelles connaissances, la mise en place de politiques publiques s'en inspirant demeure la seule approche garantissant le maximum de sureté.

Il est important à cet égard que le gouvernement soit exercé par des élus et responsables capables de privilégier l'acquisition de bonnes connaissances sur la conservation des idées existantes. Les populations et en leur sein les scientifiques et les techniciens devraient exercer à cet égard une pression suffisante sur les pouvoirs politico-économiques pour que ceux-ci ne cèdent pas aux idéologies fausses et aux solutions de facilité.

Le Principe d'Optimisme

Pour cela, David Deutsch propose ce qu'il appelle un Principe d'Optimisme.Celui-ci reposerait sur le postulat que tous les maux sont provoqués par une insuffisance de connaissance. Or remédier à l'insuffisance des connaissances représente un effort d'innovation et de créativité dont une partie des ressorts profonds nous échappent encore. C'est pourtant le seul investissement collectif dont on peut être certain qu'il sera producteur de résultats.

Les pouvoirs financiers qui recherchent des taux d'intérêts élevés dans des délais de quelques instants ne s'y intéresseront pas. Ils feront au contraire tout ce qu'ils pourront pour enfermer dans le Système de la finance et du profit à court terme tous ceux susceptibles d'apporter à la société les capacités de leurs savoirs-faire et de leurs cerveaux.

Dire cela ne serait que formuler une évidence banale si s'appuyant sur cette constatation les militants de la nécessaire sortie du Système de la finance et des oligarchies n'imposaient pas la mise en place de politiques ambitieuses visant par l'éducation et la recherche à augmenter les connaissances, qu'elles soient générales ou particulières.

Ceci se traduirait nécessairement par des investissements importants, la remise en cause de compétences établies et plus généralement par un appel général à la créativité et à l'innovation, notamment provenant des citoyens les plus jeunes et les moins résignés. Penser ainsi sera assimilé par les détenteurs actuels du pouvoir à une démarche véritablement révolutionnaire. Elle le sera effectivement. Et tant mieux.

C'est ce dont selon nous devraient dorénavant se convaincre les occupants non-violents des places Tahrir, Puerta del Sol, de la Bastille (?) et de la future Freedom Plaza, à Washington DC.

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Chroniques vers l'infini.
3. Objets multiversaux

Jean-Paul Baquiast 10/06/2011

David Deutsch est sans doute le plus accompli des physiciens quantiques en activité à ce jour. D'une part, il maîtrise la technologie permettant un certain nombre d'applications impliquées dans la réalisation du calculateur quantique . Celles-ci, si elles étaient poursuivies, bouleverseraient l'ensemble des sciences reposant sur le calcul (nous y reviendrons ci-dessous).

D'autre part et surtout il refuse la capitulation intellectuelle consistant à dire, comme l'aurait parait-il affirmé le grand physicien Richard Feynman, que si l'on ne comprenait rien à la mécanique quantique, c'était parce que celle-ci était incompréhensible. Pour David Deutsch au contraire, si un certain nombre d'expériences portant sur des particules élémentaires (fentes ou interférences de Young, intrication, principe d'incertitude) produisent des résultats incompréhensibles pour la physique ordinaire dite macroscopique, c'est parce que les investissements intellectuels (et donc ajouterons-nous budgétaires) nécessaires pour les comprendre n'ont pas été faits.

Ajoutons pour notre part que les bonnes méthodologies, telles que celles préconisées par la Méthode de Construction Relativisée (MCR) précédemment évoquée dans ces chroniques, ne sont pas encouragées.

Certes les économistes et financiers qui décident de ce que doivent produire les sciences et les techniques pour être rentables n'ont pas hésité à soutenir les innombrables recherches et développements portant sur les applications de la physique quantique. Leurs usages militaires et civils ne sont pas discutés par les sociétés modernes.

Personne au contraire n'a jugé bon de former les esprits à mieux comprendre les paradoxes théoriques de la physique quantique. Ceci n'était pas considéré comme producteur de bénéfices à court terme. Au delà d'un rapport coût-rentabilité jugé défavorable, les décideurs, pour décourager de telles recherches, sont certainement motivés par un vieil interdit hérités des sociétés mythologiques et religieuses. Il ne faut pas que l'humain consomme le fruit de la connaissance. Le pouvoir potentiellement illimité dont bénéficient encore les théologies et les superstitions pour façonner l'avenir en serait ébranlé.

David Deutsch, à juste titre, n'accepte pas la pratique, mise à l'honneur dès le début de la mécanique quantique, dite des « interprétations », la plus célèbre et encore universellement enseignée étant celle de Copenhague. Le principe en est simple. Pour s'éviter de rechercher ce qui pourrait constituer en profondeur le tissu même de l'univers, on décide de ne pas théoriser. On ne formera donc pas de jeunes chercheurs pour cela. On se limite à mesurer ce que permettent de mesurer les instruments actuels. Si l'on ne peut connaître simultanément la position et l'impulsion de ce que l'on nomme une particule, on se bornera à utiliser les représentations probabilistes découlant de la fonction d'onde. Ceci suffira largement pour construire d'excellents lasers. Le tout à l'avenant.

Ainsi le fameux principe dit d'incertitude est trompeur. (misleading) . Il n'y a d'incertitudes que celles auxquelles on se résigne. Si les théories actuelles génèrent de l'incertitude, il faut en trouver d'autres qui seront de plus grande portée. Pour David Deutsch, autant que nous puissions le comprendre, la démission des physiciens théoriciens est un déni à l'égard de l'esprit, analogue au « Circulez, il n'y a rien à voir » courant sur les scènes de crimes.

David Deutsch voit tout autrement le monde quantique, celui que nous pourrions d'ailleurs nommer en reprenant le terme de Mioara Mugur-Schächter le monde infra-quantique. Il n'est pas possible dans cette courte présentation de résumer la pensée de David Deutsch. Ses différents ouvrages et articles en donnent un aperçu. Reconnaissons-le, l'abord en reste difficile pour des lecteurs que l'on n'a jamais encourager à raisonner de cette façon.

Disons seulement que pour lui, afin de décrire l'univers « profond » dont notre propre univers n'est qu'une émergence, le terme de multivers est le plus approprié. Ceci n'a pas grand chose à voir avec les « histoires » d'univers parallèles décrits par la science-fiction (encore que...). Chacune des particules composant notre univers, à commencer par celles dont nous sommes faits, est un « objet multiversel » irréductible. Il ne s'agit pas du tout d'une superposition d' « histoires » parallèles. Ainsi l'électron dispose de multiples (une infinité) de positions et de vitesses sans pouvoir être divisible en sous-entités autonomes disposant chacune de sa position et de sa vitesse.

La réalité de l'électron est un « champ » d'électron à travers l'espace, parcouru de perturbations prenant la forme de vagues et se propageant à la vitesse de la lumière et au dessous. On ne peut donc pas dire que l'électron soit à la fois une onde et une particule. Il n'existe dans l'univers global ou multivers que des champs correspondant à chacune des particules individuelles que nous observons dans notre univers particulier. Ceci bien entendu s'exprime mieux dans le langage mathématique, mais peut cependant l'être dans le langage courant. Le « multivers universel » existe en soi, indépendamment des représentations que les humains peuvent s'en donner. Celles-ci, comme les humains eux-mêmes, sont des phénomènes émergents, des objets multiversaux, au sein de ce multivers.

Indiquons que, dans un autre chapitre de son livre, consacré non au multivers quantique mais aux multivers cosmologiques, qui émergent par excitation du multivers universel dont notre univers semble n'être qu'un phénomène parmi d'autres, David Deutsch évacue l'argument selon lesquels les lois fondamentales de cet univers particulier traduisent des règles universelles pouvant s'appliquer au multivers. Ces lois et leur prétendu « ajustement fin » (fine tuning ) présenté comme seul capable de permettre la vie, ne sont que des émergences, parmi bien d'autres que nous ne percevons pas pour le moment.

Toute application anthropique ou théologique de cet état de fait serait donc abusif. L'espoir est donc permis de pouvoir, pourquoi pas dès maintenant ? s'affranchir de ces lois pour mieux comprendre le multivers quotidien qui est le nôtre. Nous sommes en effet, rappelons-le, à une certain échelle, des objets multiversaux.

On voit qu'en suivant David Deutsch, nous pourrions faire apparaître d'immenses territoires de la physique susceptibles de justifier des études et recherches scientifiques s'inspirant de l'esprit des Lumières. Evidemment, ces territoires ont déjà été abondamment envahis par les faiseurs de mythes. Ils le seront de plus en plus au fur et à mesure que la science les précisera. Mais ceci ne devrait pas être une raison pour que la pensée rationnelle et la science refusent de s'y intéresser. Les applications pratiques en apparaîtront d'ailleurs elles-aussi innombrables. Voilà qui devrait intéresser les jeunes inocupados et indignados de nos places urbaines, rejetés aujourd'hui par le Système de la finance et de la richesse.

Des perspectives infinies


Pour ceux que rebutent les spéculations portant sur le monde physique et cosmologique, David Deutsch rappelle qu'un grand nombre de recherches fondamentales sont aujourd'hui condamnées par le « Circulez, il n'y a rien à voir » qu'imposent aux humains les dictatures combinées des pensées théosophico-mythologiques et du profit financier. Il évoque un certain nombre de domaines, bien connus des lecteurs de ce site, où les pundits ont trop vite décidé qu'il n'y avait rien à voir, ou plus exactement rien à creuser.

C'est le cas de la conscience supérieure et des qualia (que les humains d'ailleurs ne sont sans doute pas les seuls êtres vivants capables d'éprouver). C'est le cas du codage génétique, dont la complexification s'est trouvée arrêtée au cours de l'évolution biologique darwinienne, au détriment de l'apparition de formes de vie bien plus évoluées que celles connues aujourd'hui. C'est le cas de l'intelligence artificielle et de la biologie synthétique, qui sont volontairement cantonnées aujourd'hui aux prolégomènes de ce que ces sciences pourraient permettre. C'est le cas enfin et surtout de la computation quantique, à laquelle on pourrait ajouter la computation par ADN. L'une et l'autre, convenablement développées, pourraient permettre de créer à partir de l'énergie et des atomes élémentaires bien plus de ressources physiques, chimiques et biologiques que ne l'a fait spontanément depuis son apparition notre univers laissé à lui-même.

Bien évidemment, dans le même temps que des humains (des systèmes anthropotechniques, selon notre terminologie) développeraient de telles recherches, ils se transformeraient eux-mêmes. On verrait apparaître, selon la terminologie à la mode, des transhumains ou posthumains encore aujourd'hui pratiquement indescriptibles, puisque les lois scientifiques avec lesquelles ils co-évolueraient n'existent pas encore.

Nous n'en dirons pas plus ici. Nous nous bornerons à suivre en esprit David Deutsch lorsqu'il envisage la possibilité que ces humains de demain implantent dans l'univers, à l'infini, des sociétés s'inspirant des principes pour lui (et pour nous) incontournables de la rationalité et des Lumières.

D'où le scandale qu'est aujourd'hui la fermeture, pour le plus grand profit des oligarchies financières, des laboratoires et des universités susceptibles de se consacrer sans limites a priori aux recherches fondamentales (Blue sky Research).

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