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24 novembre 2008 1 24 /11 /novembre /2008 16:03
Mythes philosophiques d’hier et d’aujourd’hui
par
Jean-Paul Baquiast
22/11/2008

La question des rapports entre la philosophie et la science n’a pas fini de faire débat. Lorsque ce sont des philosophes qui la posent, même lorsque ils paraissent au fait des problématiques scientifiques, un doute surgit. Ont-ils vraiment réfléchi aux grandes questions – précisément de type philosophique – que suscitent les développements des disciplines scientifiques les plus récentes. On ressent en les écoutant l’impression qu’ils confondent science et technosciences, voire science, applications technologiques et produits de consommation s’en inspirant.

Luc Ferry, qui poursuit un travail au demeurant très intéressant consistant à mettre les grandes œuvres philosophiques à la portée du public, expliquait récemment en présentant son dernier ouvrage, "La sagesse des Mythes" 1) que la science ne peut apporter la spiritualité dont les hommes ont besoin pour vivre. Il précisait bien que ce disant, il ne se plaçait pas dans la perspective des véritables spiritualistes, pour qui le monde matériel ne prend son sens que dans la contemplation d’un monde divin qui le transcende en tous points. Luc Ferry se veut matérialiste, mais– à juste titre – il ne renonce pas pour autant à s’interroger sur les fins dernières de l’univers et de la vie, comme sur les valeurs morales – altruisme, besoin de dépassement, soif de connaissance – qui inspirent les humains dans leur vie quotidienne, même lorsqu’ils ne prennent pas le temps d’y réfléchir en profondeur.

 

Ces interrogations caractérisent pour lui une exigence de spiritualité inhérente à l’humain. Celle-ci, pour lui, répétons-le, se situe en amont des réponses apportées par les religions, notamment les religions monothéistes qui puisent aujourd’hui dans leurs écritures et dogmes des solutions stéréotypées devant être absorbées sans discussion. Or dit-il, on ne trouve pas de réponses à cette exigence de spiritualité « laïque » dans les sciences, quelles qu’elles soient. Bien pire, selon lui, les sciences ne formulent pas les questions requérant une recherche de spiritualité, ou bien elles les évacuent à peine formulées.

 

Dans ces conditions, seule la philosophie peut satisfaire aux besoins de spiritualité des humains. Cet apport de la philosophie, nous rappelle-t-il, n’est pas nouveau. Dans " La sagesse des mythes ", il montre comment la mythologie grecque et latine a répondu sous une forme à peine cryptée aux grandes questions philosophiques qui préoccupaient non seulement les penseurs mais aussi les citoyens éduqués de l’Antiquité 2) Cette mythologie, en tant que forme populaire de réflexion philosophique, ne s’opposait pas à une science qui n’existait pas à l’époque sous ses formes actuelles. Par contre, elle se proposait de dépasser en les critiquant les finalités implicites fondant les sociétés de l’Antiquité, commerce, profit, esclavage, tyrannies… La sagesse des mythes propose selon Luc Ferry des réponses à ce que l’on pourrait appeler les questions " éternelles" que se posent les humains face à la nature et aux sociétés humaines. Elle suppose une interrogation permanente sur les comportements sociaux dominants et leurs valeurs, destinée notamment à la prise en considération d’un au-delà du présent immédiat.

 

Luc Ferry porte un regard hautement sympathique, au sens propre du terme, sur les mythes antiques et sur l’interrogation philosophique dont ils sont le résultat. Considère-t-il qu’ils pourraient aujourd’hui encore convenir, avec quelques adaptations, aux besoins de spiritualité qu’éprouvent les humains modernes et que, selon lui, la science ne peut satisfaire? On pourrait presque le croire, si grand est son enthousiasme. Quoiqu'il en soit, pour lui, la philosophie moderne, s’exprimant par d’autres formes que celles inspirées par une imagerie polythéiste naïve, est seule capable de remplir le vide de spiritualité des travaux scientifiques. La biologie ne nous donnera pas le sens de la vie, non plus que les neurosciences ne nous proposeront de règles morales ou que la physique quantique ne guérira nos chagrins d’amour.

 

Il est évident, et nous ne le contesterons pas, que le recours à la philosophie s’impose dès que nous sommes curieux de questions que les sciences ne se posent pas ou ne peuvent résoudre. Cependant, au-delà de cette évidence, nous pensons que le point de vue de Luc Ferry sur les sciences est dangereusement réductionniste. Il conduit inévitablement, bien qu’il s’en défende, non pas à une spiritualité matérialiste, mais au spiritualisme historique pour qui notamment l’esprit et la matière ne peuvent et ne doivent être confondus. Plus généralement, il enferme les scientifiques, comme tous ceux qui sans être chercheurs s’intéressent à la philosophie des sciences, dans le matérialisme utilitaire de ceux qui ne s’intéressent pas aux questionnements scientifiques mais aux profits susceptibles d’être tirés de l’exploitation militaire ou commerciale des technologies.

 

Que l’on nous comprenne bien. Nous ne refusons pas, encore une fois, de nous engager dans des débats sur les fins dernières ou sur l’au-delà des connaissances, si les philosophes modernes peuvent y apporter des approches à la fois neuves et critiques Philosophons, philosophons, il en restera toujours quelque chose. Soit dit ici très sérieusement et sans ironie. Mais nous voudrions que dans ces débats, les philosophes aient fait l’effort de s'interroger sur les ressorts profonds qui sous-tendent la recherche scientifique en général ou les recherches spécialisées liées à telle ou telle discipline émergente. Il ne s’agit en général ni du goût de l’argent ni de l’attrait des palmes académiques. Pour comprendre ces ressorts, la première chose à faire consiste à se plonger en profondeur dans les disciplines concernées. Cela n’est pas impossible, car de plus en plus de scientifiques font l’effort aujourd’hui, tel Socrate en son temps, de parler de leur travail en termes compréhensibles. Si les philosophes ne jugent pas utile de s’intéresser à ces efforts de communication, ils retombent inévitablement dans les mythologies de notre temps. Celles-ci n’ont plus les vertus éclairantes qu'avaient les mythes grecs. Elles sont surtout destinées à rapporter de l’argent et du pouvoir à ceux qui les professent.

 

Les neurosciences

Prenons le domaine des neurosciences. Nous avons passé un peu de temps à compiler 3) ce que les neurosciences modernes disent du cerveau, de ses comportements et des « valeurs » qu’il génère, aussi bien d’ailleurs dans les sociétés animales que dans les sociétés humaines. Nous ne pouvons donc accepter de laisser dire qu’elles n’offrent pas de réponses aux grandes questions philosophiques, telles que celles portant sur les valeurs morales, le sens du sacré, le sentiment esthétique face à la voûte céleste et autres interrogations plus que millénaires. Mais la difficulté tient à ce que ces réponses ne sont pas exactement celles qu’attendrait le grand public lecteur des magazines philosophiques distribués pour faire patienter les clients dans les salons de coiffure et centres de remise en forme.

Les neurosciences mettront ainsi de plus en plus en évidence les circuits neuronaux à la base de l’interrogation morale et métaphysique d’hier et d’aujourd’hui. C’est l’évolution qui a organisé le développement de ces circuits dans le cerveau des hominiens (pour ne pas remonter plus haut) afin de commander les comportements de plus en plus complexes imposés par la survie au sein de groupes façonnés par l’explosion des activités manufacturières et langagières. On peut sans trop forcer les mots trouver les origines de ce que l’on appelle la spiritualité dans la verbalisation et l’institutionnalisation de comportements indispensables à la survie des sociétés humaines primitives, tels que l’altruisme, le besoin de se donner des intentions, celui de se projeter dans le futur.

Ce type de réponse satisfera-t-il l’individu en mal d’interrogations sur les fins dernières ? Lui dire que, s’il se pose de telles questions, c’est parce que l’évolution l’a doté d’un cerveau capable, non seulement de se les poser, mais de leur apporter des réponses plus ou moins objectives, le rassurera-t-il ? Oui, sans doute, si dans le même temps, on lui montre que le mouvement continu d’approfondissement des connaissances et des épistémologies qui en découlent justifie qu’il continue à s’interroger sur la façon dont de nouvelles recherches scientifiques, sous-tendues par de nouvelles visions ontologiques, pourront lui faire découvrir de nouveaux horizons de questionnement- et l'inverse, puisque le mécanisme d'approfondissement fonctionne dans les deux sens.

 

Dans les sociétés évoluant sur un rythme technologique et scientifique exponentiel, de nouveaux circuits neuronaux, posant (ou résolvant) de nouvelles questions seront nécessaires à la survie dans le monde de demain. Il est donc quasiment inévitable de réfléchir à ces questions. On y trouvera le fondement de nouvelles approches philosophiques, dont nous n’avons guère idée aujourd’hui. C’est dans la perspective de tels dépassements que les philosophes d’aujourd’hui devrait inciter leurs élèves à s’engager.

Comme quoi et comme aurait dit le pirate Barberousse (il est vrai en brandissant son pistolet sous le nez de ses contradicteurs) « si cela n’est pas là de la bonne philosophie, je veux bien être pendu ».

La légèreté de l’Etre.

Nous voudrions poursuivre ce propos à partir des questions éminemment philosophiques que se pose, et que pose à ses lecteurs, le Prix Nobel de physique Frank Wilczek dans son ouvrage « The Lightness of Being » 4) L’auteur a reçu le Prix Nobel de Physique 2004, conjointement avec David Politzer et David Gross, pour ses travaux sur la chromodynamique quantique, décrivant comment des particules fondamentales nommées les quarks et les gluons interagissent pour former les protons et les neutrons qui sont au cœur de chacun des atomes dont nous sommes faits. Le sujet n’est pas facile, et demande des connaissances qu’on ne saurait exiger d’un philosophe, voire d’un physicien de gabarit normal. Néanmoins le livre écrit par Frank Wilczek, sans être de tout repos, est à la portée d’un lecteur que nous dirions cultivé. Or, sans se placer d’emblée dans la philosophie, il présente l’état des connaissances susceptibles de répondre à de grands interrogations philosophiques : pourquoi les objets ont-ils une masse et pourquoi cette masse est-elle ce qu’elle est ? D’où proviennent les particules élémentaires ? De quoi est rempli le vide cosmique ? …ou plus concrètement, à quoi servira le grand collisionneur à hadrons du Cern (LHC) qui aurait du entrer en service cet automne et dont une panne dans les systèmes de refroidissement a retardé le démarrage ?

La démarche de Frank Wilczek, comme celle de ses centaines de collègues qui étudient ces questions, peut être considérée comme typiquement philosophique, en ce sens qu’elle fait le point des réponses apportées – avec circonspection et sous réserve de vérification – à des questions qui tourmentaient déjà les citoyens grecs éduqués du temps de Démocrite : de quoi sont fait la matière, le temps, nous-mêmes. Elle est également éminemment philosophique dans la mesure où, à la plupart de ces questions, Frank Wilczek répond que ni lui ni aucun de ses collègues aujourd’hui ne peuvent apporter de réponse. Certes, des pistes de réponses apparaissent, s’appuyant sur les théories reconnues actuellement, mais au-delà, l’esprit curieux est invité à patienter, soit quelques mois ou années quand le LHC aura commencé à produire des données, soit plus longtemps encore.

Ainsi concernant l’origine de la masse, le physicien peut répondre qu’elle dérive de l’énergie, en appliquant l’équation (retournée) proposée par Einstein : m=E/c2. Cette équation, dans laquelle E représente l’énergie et c la vitesse de la lumière, est toujours admise bien qu’âgée de plus d’un siècle. Mais au-delà ? D’où vient l’énergie, l’énergie pure dont dérivent toutes les masses ? Les scientifiques ne peuvent que proposer des hypothèses, bien propices à nourrir de nouvelles réflexions philosophiques. Frank Wilczek, à la question de savoir de quoi est fait ce qui nous apparaît comme un espace vide, répond (p. 73) qu’il s’agit d’un milieu dynamique dont l’activité modèle le monde. Il le nomme le Grid ou réseau. Il est constitué d’un condensé instable de quarks et antiquarks. Du vide émergent des pairs de quark-antiquark qui en s’annihilant laissent cependant persister des perturbations dans le Grid qui fournissent l’énergie dont la matière ordinaire est faite.

Cependant, comme chacun le sait dorénavant, les masses telles que calculées par l’équation d’Einstein et qui constituent la matière/énergie ordinaire, celle que nous pouvons observer directement, ne sont qu’une très faible partie des masses détectées (ou suspectées) dans l’univers. L’essentiel des forces qui déterminent l’évolution de l’univers sont encore inconnues. Il s’agit de la matière noire, responsable de l’essentiel de la gravité, et de l’énergie noire, qui serait responsable d’une expansion accélérée de l’univers visible dont les astronomes ont cru détecter les manifestations. Un immense domaine d’incertitudes s’ouvre ainsi. Mais il est aussi porteur d’une certitude stimulante, celle selon laquelle des chercheurs proposeront inévitablement, si les sociétés scientifiques restent ce qu’elles sont, de nouvelles hypothèses qui pourront éventuellement obliger à revoir de fond en comble tout ce que l’on croyait acquis.

Ceci pourra se produire, non nécessairement dans un lointain avenir, qu’aucun d’entre nous ne verrait, mais peut-être demain, ou presque. Il en sera ainsi, prédisent les physiciens, si le LHC ne fait pas apparaître le si recherché et encore mythique boson de Higgs, indispensable pour compléter l’unification des forces dans le tableau des particules élémentaires.

Le lecteur nous demandera en quoi l’évocation de ces mystères pourrait répondre aux interrogations philosophiques du citoyen d’aujourd’hui ? Nous répondrons qu’elle aura l’intérêt non négligeable de l’inviter à prendre de la hauteur et à ne pas s’enfermer dans la recherche nombriliste de réponses à de petites angoisses personnelles. Ainsi pourra-t-il se sentir à nouveau motivé pour s’intéresser à l’évolution d'un cosmos dans lequel il est plongé et dont il est l’un des acteurs. C’est exactement le rôle que jouaient les mythes anciens, tel celui d’Ulysse pris en exemple par Luc Ferry. Le récit légendaire raconte qu’Ulysse, retenu quelques années dans l’ile de la nymphe Calypso qui lui promettait amour et vie éternelle, avait fini par s’arracher à ces délices pour retrouver Ithaque, son épouse et aussi la condition humaine, avec la perspective d’une mort inévitable.

Ce mythe, au demeurant, ne parait pas inspiré par une pensée philosophique d'une hauteur vertigineuse. Il est quasi utilitaire. Il vise à rappeler aux hommes qu’ils doivent éviter de se perdre dans des rêves. Ils doivent se consacrer à leur famille en se contentant de leur sort. Les autres mythes ne sont pas très différents. Ils contribuent tous à la survie du type de société considéré (implicitement) comme un modèle par la structure sociétale de l'époque. Ne les critiquons pas cependant. Ils étaient suffisamment élaborés pour conserver encore un grand pouvoir sur nos imaginaires. Il reste que les mystères dont la physique moderne fait pressentir l’existence pourrait bien mieux encore de nos jours stimuler l’inquiétude philosophique et la recherche de spiritualité.

 

On objectera que le citoyen de nos sociétés n’a pas la culture minimum lui permettant de participer aux interrogations philosophiques suscitées par l’étude des sciences. Ce qui n’était peut-être pas le cas de ceux qui s’enchantaient aux récits d’Homère, sans doute plus immédiatement accessibles aux esprits de ces époques. Certes. Mais c’est bien pourquoi ceux qui voudraient réintroduire de la spiritualité dans les sciences devraient recommander un préalable indispensable : rendre l’enseignement des bases de la physique et des autres sciences dures et moins dures obligatoire dans l'ensemble des lycées et collèges.


Simulation et connaissance

Nous serions injustes cependant de ne pas saluer les efforts que font de plus en plus de philosophes notamment parmi les jeunes générations, pour se mettre au courant du développement des sciences les plus récentes et en présenter les possibles applications à la pensée philosophique ou politique. Ils ne font jamais cela si bien, on doit le dire, que quant ils font participer de « véritables » scientifiques à leurs réflexions. C’est le cas d’un numéro de la Revue philosophique intitulé « Simulation et connaissance » auquel nous renvoyons les lecteurs de notre propre revue. 5)

 

Ceux-ci savent combien sont essentielles aujourd’hui au plan scientifique et philosophique les questions de savoir :
- S’il existe un réel en soi (indépendant de l’observateur) ?
- Sous quelles formes ce « réel » est capté par les moyens d’observations (sensoriels) dont disposent les organismes vivants ?
- Comment ces organismes se le représentent ou le modélisent, soit par leur organisation corporelle quand ils n’ont pas de cerveau, soit au sein de cet organe quand ils en ont.
- Comment ces modélisations participent à la construction des langages et des niches de survie propres aux espèces ?
- Quelle est le rôle des technologies développées par l’espèce humaine dans la dynamique constructive de ces représentations ?
- Comment en retour tout ce qui précède réagit-il sur le "réel en soi" supposé ?

Le numéro Simulation et connaissance n’aborde pas tous les aspects de ces questions fondamentales, ou, s’il le fait, il le fait sous des logiques d’attaques plus dispersées. Néanmoins, une lecture attentive des différents articles permettra peu ou prou de retrouver les problématiques évoquées ci-dessus. Nous avons particulièrement retenu, outre l’introduction de Georges Chapouthier et Stéphane Chauvier, les articles de Frédéric Kaplan et Pierre-Yves Oudeyer, consacré à la robotique évolutionnaire, et celui de Georges Chapouthier, intitulé « Le cerveau simulateur dans tous ses états ". Ce texte, en quelques pages, présente une synthèse des conceptions modernes des neurosciences concernant le rôle du cerveau dans la construction des représentations, aussi bien lors de situations que l’on pourrait qualifier de normales, celles où le cerveau fait des prédictions dont le corps tout entier valide la pertinence, que dans des conditions moins courantes mais tout aussi essentielles où le cerveau s’emballe dans un imaginaire dont les hypothèses ne sont plus immédiatement vérifiables expérimentalement 6)

Revenons pour terminer sur le défi évoqué dans la première partie de cet article, que Luc Ferry semblait poser aux sciences : « Que répondrez vous à une personne qui vous dira qu’elle a besoin d’un dépassement vers l’absolu, ou qu’elle souffre d’un grave chagrin d’amour ? ». Pour Luc Ferry, les sciences ne peuvent pas apporter de soulagement à de telles inquiétudes. Selon nous au contraire, une discussion avec un scientifique tel que Georges Chapouthier ou d’autres de ceux à qui nous avons donné la parole dans notre Revue, pourrait lui faire comprendre que ses angoisses n’ont rien d’exceptionnel. Elles font partie des manifestations les plus banales de la vie organisée et ne devraient pas l’inquiéter plus que les symptômes d’un mal de dents, même si les soulager suppose une démarche comportementale un peu plus complexe que la prise d’un cachet d’aspirine - ou d'un anxiolitique.

Nous pourrions ajouter, toujours en réponse au défi de Luc Ferry, que les discours philosophiques les plus élaborés ne satisferont pas davantage que le recours aux connaissances scientifiques, ces « troubles de l’âme » auxquels l'ancien ministre de l'Education Nationale pense que seule la philosophie peut répondre.

Notes
1) Luc Ferry « Apprendre à vivre : Tome 2, La sagesse des mythes », Plon 2008
2) Le même travail a souvent été fait par ceux étudiant les mythes des civilisations non méditerranéennes, dont nous sommes bien moins informés
3) Voir notre dossier. La conscience vue par les neurosciences 1 et 2
http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2008/92/conscience1.htm
http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2008/92/conscience2.htm
4) Frank Wilczek « The Lightness of Being: Mass, ether and the unification of forces » Basic Books, 2008.
5) Revue philosophique de la France et de l’étranger, PUF, publié avec le concours du CNRS, n° 3 de juillet-septembre 2008.
http://pedagogie.ac-toulouse.fr/philosophie/revphi/revphilo.htm#psto
Nous fournissons ce lien par acquis de conscience. En fait, le site est quasiment vide, il n’est même pas à jour des sommaires des derniers numéros. Si les éditeurs et auteurs voulaient éloigner les gens de la philosophie, ils ne s’y prendraient pas autrement. Peut-être veulent-ils protéger le lectorat payant. Mais j’aimerais savoir en ce cas quel est le tirage et ce qu’il rapporte – au détriment de l’éducation populaire. Comme je l’indique ci-dessus, le numéro que m’a adressé Georges Chapouthier et dont normalement je n’aurais jamais du prendre connaissance mériterait une très large diffusion.
6) Rappelons que nous avions précédemment présenté les travaux de Georges Chapouthier au cours d’un entretien avec ce chercheur, lequel est aussi un philosophe. L’entretien porte en partie sur les relations entre philosophie, métaphysique et sciences
 http://www.automatesintelligents.com/interviews/2007/nov/chapouthier.html

 


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commentaires

jmrr 04/12/2008

Quel courage...Déjà à entendre Mr Luc F parler ....Mais de là à le lire .....

Roland Dumont 04/04/2009

D’où vient l’énergie, l’énergie pure dont dérivent toutes les masse?Tout est en mouvement, la terre et les objets, pourquoi le M ne pourrait-il être celui du Mouvement dans les limites d'un univers dynamique - thermodynamique? Je suis un naïf. Mais j'apprécie beaucoup la qualité de vos recherches.

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